Le Kilimandjaro, aussi appelé le « toit de l'Afrique », culmine à 5895 mètres;
il est le plus haut sommet du continent africain. Cette fascinante montagne
est plantée au beau milieu des plaines africaines sans aucune concurrente aux
alentours excepté le mont Meru qui a tout de même 1420 mètres de moins. Ce
qui fait la renommée et la gloire du Kilimandjaro, outre sa beauté, c’est
sa position incongrue, très proche de l'équateur, dominant les vastes
plaines d'Afrique de l'Est peuplées de lions, de girafes et autres animaux
sauvages.
Un
peu d'histoire :
C'est en
mai 1848 qu'un missionnaire suisse, Johannes Rebmann, traverse le pays chagga
afin d'approcher le Kilimandjaro. Il remarque bien que le sommet est blanchi
mais pense initialement à des nuages avant que son guide ne lui confirme
qu'il s'agit de quelque chose de froid. Après une observation plus
minutieuse, il conclut qu'il devait s'agir de neige. Mais sa découverte fût
rapidement contestée à Londres. Pourtant en 1861, une expédition menée par
le baron allemand Klaus Von Der Decken et le botaniste anglais Richard
Thornton, permet de constater qu'il s'agit bien d'une cime neigeuse. S'ensuit
alors une série d'expéditions afin d'atteindre le sommet : en 1883,
l'Anglais Joseph Thomson puis le comte Teleki s'attaquent au sommet, mais ne dépassent
pas 5300 mètres. Après deux échecs, le 6 octobre 1889, Hans Meyer parvient
au sommet accompagné de son ami Ludwig Purtscheller et du guide chagga Yohana
Lauwo.
Géologie
:
Le
Kilimandjaro est un volcan ou plus exactement trois volcans Kibo, Mawenzi et
Shira. Il y a 750 000 ans, de la lave a surgi de la surface fracturée de la
vallée du grand Rift. Grâce à une extraordinaire pression, la croûte
terrestre a été expulsée très haut créant trois formes coniques qui s'élevèrent
plus haut que le reste, formant les trois volcans du Kilimandjaro. Le volcan
Shira s'est effondré formant une caldeira puis Mawenzi s'est éteint et il ne
resta que Kibo qui continua à expulser la lave, faisant monter toujours plus
haut l'altitude du sommet jusqu'à atteindre les 5895 mètres. Kibo est un
volcan éteint mais pas mort. Sa dernière éruption remonte à environ 100
000 ans ce qui, à l'échelle de la terre, est très peu.
Le
climat :
Séparée
en deux zones climatiques bien distinctes avec d'un côté, les hauts plateaux
(plus de 1500 mètres d'altitude) où l'on y trouve un climat tropical tempéré
et, de l'autre côté, plate, au climat équatorial humide.
Saison sèche
: de mai à octobre. Les mois les plus chauds vont de décembre à février.
Beauté des paysages desséchés. À cette période de l’année, les animaux
sont assoiffés.
Saison
des pluies : La grande saison des pluies s'étend du début mars au début
mai. La concentration essentielle des pluies a lieu sur deux mois, mars et
avril. À ce moment-là, les soirées peuvent être froides.
La petite
saison des pluies débute début novembre et va jusqu’à la mi-décembre.
Pleuvant juste à quelques heures de la journée, les photographes préfèrent
cette saison car c'est à cette période humide qu'il y a le plus de luminosité
et surtout moins de touristes.
Les
neiges du Kilimandjaro :
Les
glaciers de Kibo, le sommet du Kilimandjaro, ne couvrent plus qu'environ 2km²
quand, en 1900, ils s'étendaient sur 12km². Selon les experts, à ce rythme,
les glaciers devraient disparaître d'ici l'an 2020. Bon nombre de raisons
sont invoquées pour expliquer cette fonte mais c'est peut-être une
combinaison de toutes qui en est la cause. Les deux principales sont le réchauffement
climatique et la reprise possible d'activités volcaniques.
Meilleure
période pour l'ascension :
Avant
tout, il nous a fallu définir quelle était la meilleure période de l'année
pour effectuer cette ascension en fonction de la météo du Kilimandjaro.
Il existe en fait deux périodes propices pour se rendre au Kilimandjaro :
-
La période
s'étendant de janvier à mars est assez froide ce qui augmente les
chances de neige. Les averses sont peu fréquentes et le temps clair
permet d'admirer les magnifiques paysages. C'est aussi une période plus
calme.
-
La période
s'étendant de juin à octobre coïncide avec les vacances scolaires.
L'air y est plus doux qu'en janvier et les risques d'averses sont minimes.
Nous
avons choisi le mois de janvier, entre autres, car nous souhaitions observer
le Kilimandjaro enneigé et nous ne fûmes pas déçus car selon les dires de
notre guide, il n'avait pas neigé autant depuis au moins dix ans.
Le
mal des montagnes :
Le mal
des montagnes est une maladie fréquente qui peut toucher n'importe qui lors
d'un séjour en haute altitude si la montée est trop rapide ou
l'acclimatation insuffisante. Il y a différents degrés d'altitude des
montagnes : léger, modéré et aigu (MAM), chacun avec des symptômes
propres. Avoir des symptômes légers ou modérés du mal des montagnes ne
signifie pas que l'on doive abandonner l'ascension. En revanche quiconque
souffre du mal aigu des montagnes doit immédiatement interrompre l'ascension
et redescendre au plus vite. Les symptômes légers et modérés sont des céphalées
(maux de tête) douloureuses, des nausées, une perte d'appétit, de
l'insomnie, des impressions de suffocation, des pertes d'équilibre. Les symptômes
du mal aigu des montagnes peuvent commencer par une confusion mentale, une
expression incohérente, de grosses pertes d'équilibre puis évoluer vers une
toux grasse produisant un liquide clair voire du sang, allant jusqu'à l'oedème
pulmonaire ou cérébral. Ces symptômes sont à prendre très au sérieux car
ils peuvent conduire à la mort si aucune action n'est entreprise (dans notre
cas, la descente immédiate).
Quelles
sont les causes du mal des montagnes ?
En
altitude, la pression entraîne une diminution de la teneur en oxygène dans
l'air. Par exemple, au sommet du Kilimandjaro, à 5895 mètres, il y a moitié
moins d'air qu'au niveau de la mer. Pour compenser, le corps active un certain
nombre de mécanismes comme l'hyperventilation, une plus grande production de
globules rouges conduisant à l'épaississement du sang, etc. Si la montée
s'effectue trop rapidement, le corps n'a pas le temps d'installer ces mécanismes,
c’est alors que les symptômes du mal des montagnes apparaissent. La clé
est de laisser à l'organisme le temps de s'habituer en lui garantissant une
bonne acclimatation. C'est pour cette raison que nous avons choisi d'effectuer
l'ascension du Kilimandjaro en 7 jours au lieu de 5, augmentant ainsi nos
chances d'atteindre le sommet.
Comment
éviter le mal des montagnes ?
La prévention
c'est l'acclimatation. Il est recommandé de ne monter que 500 mètres par
jour. En cas de « mal aigu des montagnes » il existe un médicament appelé
Diamox qui acidifie le sang permettant d'accélérer la respiration et donc
l'oxygénation. Mais attention, prendre du Diamox ne signifie pas supprimer le
mal aigu des montagnes et donc de reprendre l'ascension. Ce médicament ne
doit être utilisé que pour stabiliser un état avant ou pendant la descente
vers une altitude qui permettra d'atténuer les effets du MAM.
Le
dictionnaire :
Il y a
deux langues officielles au Kenya et en Tanzanie : le kiswahili et l'anglais.
La Tanzanie compte environ 120 tribus, chacune avec sa propre langue. Tous les
Tanzaniens ont donc leur propre langue maternelle, à part certains petits
groupes sur la côte swahilie et les habitants de l'archipel de Zanzibar où
les gens ont le kiswahili pour langue maternelle. Dans les villages, chez eux,
entre eux, dans les marchés, les gens parlent leur langue maternelle. Les
Chaggas entre eux parlent kichagga à Moshi mais aussi à Dar es Salaam, pas
le kiswahili ! Mais le kiswahili est parlé partout puisque c'est la langue
d'enseignement au primaire. Sachez qu'il y a des traducteurs dans les
tribunaux pour ceux qui ne parlent pas le kiswahili....
Kiswahili
: façon de « dire » le nom de cette langue par les locuteurs.
Swahili : façon de « dire » le nom de cette langue pour les
non locuteurs (surtout occidentaux et non linguistes).
La
seconde langue la plus parlée est l'anglais. Le français quant à lui est
assez peu parlé. Comme dans d'autres pays, le tutoiement ou le vouvoiement
n'existent pas.
Prononcez
tch pour ch, dj pour j, ou pour u. Le r est roulé.
Le h est prononcé mais n'est pas aspiré. Le g est toujours dur
comme dans gare. Le th et w se prononcent à l'anglaise. L'avant
dernière syllabe est généralement accentuée. « e » se prononce
toujours é. (Par exemple, pole, se prononce « polé ».Les
informations contenues dans cette page sont données par Mwalimu (qui signifie
"professeur" en swahili), personne résidente à Zanzibar.
Quelques
mots
Il n'est pas question ici d'apprendre le swahili, langue officielle en
Tanzanie et au Kenya, mais juste de connaître quelques mots ou phrases qui
peuvent vous servir.
Si vous désirez
en savoir plus, je vous conseille la nouvelle méthode d'apprentissage du
Swahili sur http://mwanasimba.online.fr
tenu par « Mzee Simba ». Site très accessible et compréhensible,
complet et très bien fait. Merci Didier.